La gestion des déchets ménagers

En Nouvelle-Calédonie, la gestion des déchets s’est longtemps limitée à la mise en décharge dans des dépotoirs « sauvages » ou communaux, en conséquence de l’insularité (éloignement des filières de traitement), l’étendue du territoire et sa faible densité de population, mais aussi le contexte institutionnel particulier (non-application des réglementations environnementales métropolitaines). En parallèle, le développement économique et l’accroissement la population ont impacté la production de déchets, qui a quasiment doublé en 40 ans.

Depuis les années 2000, des politiques de modernisation de la gestion des déchets ménagers sont menées sur le territoire, avec pour objectifs de réduire les quantités de déchets produites, de favoriser le réemploi, le tri, la valorisation et le recyclage. Cela se traduit par l’adoption de Schémas Provinciaux de Gestion des Déchets par les provinces, par la réhabilitation des dépotoirs et la mise en place d’équipements structurels de gestion et valorisation des déchets (centres de stockage, réseaux de déchèteries, collectes et filières spécifiques, etc.).

Le service de collecte des déchets

La collecte des déchets des ménages est réalisée sous différentes formes :

  • en porte-à-porte, les déchets étant conteneurisés ou non (vrac ou poches) ;
  • en apport volontaire sur un site dédié (déchèteries, Centre de tri et de transfert [CTT], Quai d’apport volontaire [QAV] ou dépotoir) ;
  • en apport volontaire sur des Points d’apport volontaire (PAV).

La collecte en porte-à-porte est généralisée sur l’ensemble du territoire pour les ordures ménagères (même si parfois cette collecte ne couvre pas 100 % du territoire).

L’apport volontaire sur les déchèteries, QAV ou CTT concerne très majoritairement les déchets verts et encombrants. En effet, les communes dotées de ce type d’infrastructure sont généralement pourvues d’un système de collecte des ordures ménagères efficace.

L’apport volontaire sur les dépotoirs concerne tous les types de déchets. En effet, les communes qui utilisent encore ce type d’équipement ne sont généralement ni dotées d’infrastructures de collecte en apport volontaire (déchèterie) ni de système de collecte en porte-à-porte efficace couvrant 100 % du territoire communal.

L’apport volontaire en PAV concerne les emballages et matières recyclables (canettes aluminium, verre, papier/carton), mais aussi les ordures ménagères en mélange dans certaines zones d’habitat peu denses, ainsi que certains déchets des filières règlementées (piles et Déchets d’équipements électriques et électroniques [D3E]).

La répartition des infrastructures de collecte sur le territoire dépend des stratégies provinciales mises en place lors des 10 dernières années et du niveau de modernisation du service.

Carte « Les infrastructures de collecte des déchets en 2018 » - Descriptif à télécharger ci-dessous.

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Les infrastructures d’enfouissement et de valorisation des déchets

Les déchets ménagers collectés en porte-à-porte ou via les infrastructures de collecte sont voués à être enfouis (déchets non dangereux et non valorisables) ou valorisés.

L’enfouissement (ou stockage) peut être réalisé dans des Installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND) aux normes, ou non (on parle alors de dépotoirs).

Le déploiement des Infrastructures de stockage ou d’enfouissement (ISDND) suit une logique territoriale : les installations sont réparties selon des bassins de population ou zones géographiques. Les déchets ménagers y sont regroupés pour être stockés de manière définitive. La répartition des ISDND sur le territoire est donc plutôt équilibrée.
Le dimensionnement des ISDND est ensuite réalisé en fonction du gisement de déchets à enfouir et de la taille de la population présente sur la zone de desserte.

La carte ci-dessous permet de situer les différentes infrastructures de stockage et leur conformité réglementaire, ainsi que la destination des flux collectés.

Carte « Les infrastructures de stockage des déchets en 2018 » - Descriptif détaillé ci-dessous.

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Les infrastructures de valorisation sont déployées selon une logique différente. Celles-ci sont mises en place par les entreprises privées qui sont avant tout à la recherche de rentabilité économique et de volume d’affaire. Ainsi, on trouve les infrastructures de valorisation (aluminium, verre) sur Nouméa où le gisement de déchets est le plus important.

Pour la même raison, les sociétés qui gèrent l’export des déchets non valorisables localement (papier, carton, plastique, métaux) sont elles aussi basées à Nouméa. La proximité aux gisements constitue une facilité pour les entreprises qui leur permet de capter facilement des volumes importants.

Il n’existe pas en Nouvelle-Calédonie de gisements suffisants pour multiplier les infrastructures de valorisation, avec pour conséquence une tendance pour les collectivités d’avoir recours au transport de déchets pour pouvoir bénéficier des filières de valorisation ou recyclage.

À noter la multiplicité des projets liés à la valorisation des déchets verts, notamment car les volumes sont très importants, et constituent un enjeu pour les collectivités (comblement des ISDND, risques de feu, coût de transport).

Carte « Les infrastructures de valorisation des déchets ménagers en 2018 » - Descriptif détaillé ci-dessous.

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Une modernisation en cours

En Nouvelle-Calédonie, la modernisation et la structuration du service déchets, afin de passer d’une gestion en dépotoir à un territoire avec des infrastructures de collecte et de traitement aux normes, suit les étapes suivantes :

  1. ouverture d’une ISDND permettant d’enfouir les déchets (exutoire final) ;
  2. fermeture des dépotoirs et déploiement de la collecte (afin d’éviter les dépôts sauvages) ;
  3. réhabilitation des dépotoirs et mise en place de déchèteries ;
  4. mise en place de nouvelles filières, réseau de PAV ;
  5. programme de prévention.

Ce n’est que très rarement que l'onconstate qu’une collectivité gère toutes ces étapes de front. La mise en place de déchèteries, QAV ou CTT dépend donc aujourd’hui directement de la mise en place des ISDND ou centre d’enfouissement et de stockage des déchets (CESD) il y a 10 ans.