Action territoriale

Le nombre d’initiatives prises par les acteurs locaux (collectivités, entreprises et associations) tend à indiquer que ce sujet devient une préoccupation économique, sociale et environnementale majeure pour le développement de la Nouvelle-Calédonie.

Projet de Schéma global des transports et de la mobilité (SGTMNC) : un cadre général

Ce schéma constituera un cadre pour améliorer les conditions de mobilité des Calédoniens. Il poursuit la politique de désenclavement et de rééquilibrage débutée avec les accords de Matignon. Il propose ainsi une vision prospective répondant au développement industriel du pays et à ses mutations sociales (croissance démographique, migrations et inter territorialité, polarisations urbaines, etc.).

La démarche partenariale d’élaboration du schéma a été lancée en avril 2013 et son diagnostic restitué lors de la Semaine européenne de la mobilité et du premier forum de la mobilité organisé les 16 et 17 septembre 2013. Cette réflexion est animée par le Service de l’aménagement et de la planification.

Plan de déplacement de l’agglomération nouméenne (PDAN)

Réalisé en 2010 par le Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN), le Plan de déplacement de l’agglomération nouméenne constitue le volet déplacement du Schéma de cohérence de l’agglomération nouméenne (SCAN). Il s’agit d’un document à vocation non réglementaire, mais dont les quatre communes intègrent les principes dans leurs Plans d’urbanisme directeurs (PUD) respectifs.

Le diagnostic du PDAN a mis en évidence la prédominance de la voiture particulière et ses effets néfastes sur la qualité de vie des habitants. Il a également pointé les lacunes en matière de transports en commun et de circulation pour les piétons et les cyclistes.

Le PDAN s’accompagne d’un plan d’action dont la mise en œuvre a déjà commencé. L’axe majeur du plan d’action est de développer les transports en commun pour offrir une alternative aux déplacements en voiture particulière.

Plus d’informations sur le PDAN

En 2013, l’ADEME, dans le cadre du Comité territorial pour la maîtrise de l’énergie (CTME), a soutenu le financement d’un poste de chargé de mission écomobilité au sein du SIGN pour une durée de 3 ans. La mise en place d’une mission d’animation écomobilité dans le cadre d’un Contrat d’objectif territorial (COT) au sein du SIGN permettra la conduite de missions propres (schéma modes doux intercommunal par ex), mais également d’intervenir en appui des différents acteurs (communes, associations, entreprises…) qui souhaitent développer des actions d’écomobilité. Le recrutement du chargé de mission écomobilité est prévu en 2014.

Syndicat mixte des transports interurbains (SMTI) et Syndicat mixte des transports urbains (SMTU) : l’offre de transports en commun se structure

Le Syndicat mixte des transports interurbains (SMTI), créé en mars 2009, cet établissement public regroupe la Nouvelle-Calédonie, les provinces Nord et Sud.
Le SMTI assure l’organisation du réseau interurbain de la Grande Terre, la politique tarifaire et le développement du réseau. Il est notamment en charge de l’exploitation du Réseau d’autocars interurbain (RAÏ) entré en service début 2014.

Le Syndicat mixte des transports urbains (SMTU) du Grand Nouméa, créé en 2010, organise et exploite les services publics réguliers de transports en commun routiers, maritimes et de transport scolaire des élèves du secondaire du grand Nouméa.
Le SMTU est notamment en charge de la création d’un Transport en commun en site propre (TCSP) : le projet Néobus. Ce Bus à haut niveau de service (BHNS) répond aux problèmes de congestion dans l’agglomération. Destiné à changer en profondeur l’organisation des déplacements du Grand Nouméa, le projet assurera une desserte de proximité régulière entre le centre-ville et les principaux pôles de l’agglomération. Il est prévu de rentrer en service en 2018.

La réussite de ce projet très structurant dépend notamment de la capacité des collectivités à densifier la ville autour de son tracé, à restreindre à minima la place de la voiture et ainsi inciter au changement de mode de déplacement des habitants du grand Nouméa.

Premières initiatives de covoiturage et mobilités alternatives

Depuis quelques années la société civile s’est emparée du sujet de la mobilité alternative à la voiture particulière, puis relayée par des entreprises ou administrations souhaitant développer leur propre plan de déplacement.

L’association NC COVOITURAGE a créé en 2009 un site Internet dont l’objectif est de mettre en relation les personnes souhaitant proposer l’utilisation conjointe d’un véhicule à un ou plusieurs passagers sur des trajets préalablement définis.
Cette opération – soutenue par l’ADEME dans le cadre du CTME – a montré son intérêt au travers des 1 600 abonnés et plus de 1 400 trajets proposés à la fin 2013.
Elle pourra être encore renforcée par un relais voire un soutien des collectivités ou l’intérêt que pourront y trouver les entreprises qui s’engageront dans un Plan de déplacement entreprise (PDE).
D’autres initiatives prises par les communes sont également à souligner, telles la création d’aires de covoiturage ou le soutien aux premières opérations d’écomobilité scolaire.

Quant aux entreprises, préoccupées par le temps de trajet croissant de leurs salariés, elles s’intéressent de plus en plus aux Plans de déplacement entreprise sujet par ailleurs prochainement relayé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI).

Accompagnements de l’ADEME en Nouvelle-Calédonie

Aménagement et urbanisme générateurs de mobilité

Choix d’implantations d’activités, formes urbaines, traitement de l’espace public, question des pôles et des centralités, maîtrise du stationnement… sont autant de domaines qui par la suite conditionnent la mobilité. Tant en milieu urbain, qu’en brousse ou sur les îles, l’espace est une ressource devenue rare, il est donc utile d’appréhender l’urbanisme et les déplacements dans un souci de gestion économe de l’espace et de la mobilité.

L’ADEME soutient les démarches Approche environnementale de l’urbanisme (AEU).

Schéma modes doux : outil concret de valorisation de la marche et du vélo

Réalisé à l’échelle communale ou intercommunale, il consiste à reconnaître les pratiques et les aménagements existants ; de même que les manques et les potentiels de développement ; pour permettre de créer un réseau lisible et hiérarchisé liant les principaux pôles générateurs de trafic de la commune (centre, école, plateau sportif, zone d’activité…).

Il permet à la collectivité d’aborder la politique vélo d’une façon globale et cohérente. C’est non seulement en communiquant auprès du public, mais également en prenant l’initiative de créer des aménagements cyclables de qualité que la collectivité pourra sensibiliser de nouveaux usagers, développer l’usage du vélo comme mode de déplacement à part entière et contribuer tant à l’amélioration de la qualité de vie qu’à celle de l’environnement.

Des actions peuvent être décidées pour :

  • développer le maillage cyclable et piétonnier ;
  • créer des continuités directes et sures ;
  • adapter le jalonnement et la signalisation ;
  • créer des stationnements pour vélos à proximité des générateurs de trafic ;
  • communiquer sur les pratiques cyclables et piétonnes.

Objectif CO2 : les transporteurs s’engagent

0

Le dispositif d’engagements volontaires des entreprises de transport routier de marchandises et de voyageurs est une démarche concrète qui vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre responsable du changement climatique, ainsi que les consommations.

Ce dispositif a été élaboré, au niveau national, par le ministère du Transport et l’ADEME, en concertation avec des organisations professionnelles de transporteurs de marchandises et des entreprises du secteur.

Ouverte à toutes les entreprises de transport routier (marchandises ou voyageurs), cette démarche propose à chacune d’elle :

  • une liste de propositions concrètes de démarches à engager ;
  • la possibilité de consacrer et d’afficher son engagement sur trois ans au travers de la signature charte.

    Pour en savoir plus :

    Les Plans de déplacements entreprises (PDE)

    L’objectif d’un PDE est de connaître et rationaliser les déplacements effectués par les salariés, en mettant en œuvre et en favorisant les solutions de transport alternatives :

    • transports collectifs ;
    • vélo ;
    • marche à pied ;
    • covoiturage.

    Pour cela, l’ADEME peut œuvrer vers les entreprises aux côtés des collectivités, autorités organisatrices de transport et CCI.

    Plus d’informations sur le Plan de déplacements entreprise

    L’écomobilité scolaire : environnement, santé et lien social

    En Nouvelle-Calédonie, la question de l’écomobilité scolaire se pose tant dans le grand Nouméa qu’en brousse ou sur les îles. Des opérations de type « Pédibus » ou « Carapattes » ont ainsi pu voir le jour à l’initiative de communes, d’établissements scolaires ou de parents d’élèves.

    En effet les avantages sont nombreux :

    • banalisation de l’usage de la marche et du vélo dès le plus jeune âge ;
    • sécurité aux abords des établissements ;
    • lien social ;
    • santé physique ;
    • socialisation des enfants ;
    • apprentissage de l’autonomie ;
    • attention en classe…

    La représentation de l’ADEME se propose d’accompagner les démarches de Plan de déplacement établissement scolaire (PDES) conduites de façon concertée par les acteurs concernés.

    Déclinaison de l’écomobilité par le CTME

    Dans le cadre du CTME, l’ADEME Nouvelle-Calédonie se propose de décliner les axes d’intervention suivants :

    • susciter la montée en compétence des acteurs publics et privés par la mise en d’une offre de formation (ex : « mettre en œuvre un plan de déplacement entreprise - PDE ») ;
    • inciter des dynamiques locales de réflexion et d’action à la mobilité durable (chartes écomobilité ou CO2, plans de déplacement entreprises/administrations, écomobilité scolaire, covoiturage, écoconduite…) ;
    • accompagner des stratégies de mobilité adaptées à chaque territoire (ex : schémas modes doux) ;
    • innover en matière de déplacements des personnes et des marchandises, que ce soit sur des approches territoriales ou sectorielles.